Évangile de l’aveugle-né, 2ème scrutin des catéchumènes.
Frères et sœurs, chers catéchumènes,
aujourd’hui, avec l’Évangile de l’aveugle-né, nous sommes devant un récit extraordinaire. Ce n’est pas seulement l’histoire d’un homme qui retrouve la vue. C’est l’histoire d’une naissance. Une naissance à la lumière. Une naissance à la foi.
Au début du récit, cet homme est aveugle de naissance. Il n’a jamais vu la lumière. Il ne sait même pas ce que signifie “voir”. Et pourtant, Jésus s’approche de lui. Il ne lui demande rien. Il prend l’initiative. Il fait de la boue, il l’envoie se laver à la piscine de Siloé — ce nom signifie “Envoyé”. Et l’homme revient voyant.
Ce geste annonce déjà ce que vous vivez, chers catéchumènes. Vous aussi, vous êtes envoyés vers une eau. L’eau du baptême. Une eau qui ne lave pas seulement le corps, mais qui ouvre les yeux du cœur.
Dans ce deuxième scrutin, l’Église prie pour vous. Elle demande que tout ce qui est encore obscurité en vous soit éclairé. Non pas pour vous juger, mais pour vous libérer. Car le Christ ne vient pas accuser l’aveugle. Il vient lui donner la lumière.
Ce qui est frappant dans ce récit, ce n’est pas seulement la guérison. C’est le chemin intérieur de cet homme.
Au début, il parle de Jésus comme “l’homme qu’on appelle Jésus” .
Puis il dit : “C’est un prophète.”
Plus tard, il affirme : “S’il ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.”
Et enfin, lorsque Jésus le retrouve, il confesse : “Je crois, Seigneur” , et il se prosterne devant lui.
Voyez le chemin : de la simple connaissance extérieure à l’adoration.
C’est exactement le chemin du catéchumène. Et en réalité, c’est le chemin de tout chrétien.
Pendant que l’aveugle avance vers la lumière, d’autres s’enfoncent dans l’obscurité. Les pharisiens, eux qui voient physiquement, refusent de reconnaître l’œuvre de Dieu. Ils interrogent, ils doutent, ils s’endurcissent. Le vrai aveuglement n’est pas celui des yeux, mais celui du cœur fermé.
Le scrutin que vous vivez aujourd’hui est une mise en lumière. Le Christ vient toucher ce qui est fragile, ce qui est encore blessé, ce qui a besoin de guérison. Il vient ouvrir les yeux sur la vérité de Dieu et sur la vérité de vous-mêmes : vous êtes aimés.
Frères et sœurs, cet Évangile nous concerne tous. Nous sommes parfois aveugles sans le savoir : aveugles à la présence de Dieu dans nos vies, aveugles aux besoins de nos frères, aveugles à nos propres enfermements.
La question que pose Jésus à la fin est décisive : “Crois-tu au Fils de l’homme ?”
C’est une question personnelle.
Crois-tu que je peux éclairer ta vie ?
Crois-tu que je peux te sauver ?
Crois-tu que je suis la lumière ?
En ce temps de Carême, et spécialement en ce jour de scrutin, nous demandons cette grâce, celle de passer de l’ombre à la lumière, celle d’oser dire, avec l’aveugle guéri : “Je crois, Seigneur.”
Maé et Pacôme, l’Église marche avec vous. Elle prie pour vous. Et déjà, à travers votre démarche, c’est toute la communauté qui est appelée à se laisser guérir.
Que le Christ, lumière du monde, ouvre nos yeux.
Qu’il fasse grandir en nous la foi.
Et qu’au matin de Pâques, nous puissions tous nous tenir dans sa lumière. Amen.
Abbé Thierry, curé.