Homélie du 21ème dimanche du Temps Ordinaire
A un mois de la visite apostolique du Pape Léon XIV en France...
Article mis en ligne le 25 août 2026

par BFCM

Homélie 21ème dimanche du TO (23 août 2026 à Maillé)

Frères et sœurs ,
Il y a des questions auxquelles on peut répondre facilement. Quel temps fait-il ? Où habitez-vous ? Que faites-vous dans la vie ? Et puis il y a les questions qui nous arrêtent.

Jésus en pose une aujourd’hui à ses disciples : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Il ne demande pas ce que les autres pensent de lui. Il ne demande pas une définition. Il ne demande même pas une belle formule théologique. Il demande : et toi, qu’est-ce que tu dis de moi ?

Car la foi commence peut-être là : non pas quand nous savons parler de Jésus, mais quand Jésus devient quelqu’un pour nous.
Pierre répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Et Jésus lui confie les clés. Des clés pour ouvrir.
C’est une belle image pour parler de l’Église : elle n’a pas reçu les clés pour fermer, pour garder Dieu à l’intérieur, pour décider qui aurait le droit d’entrer.
Elle a reçu les clés pour ouvrir. Ouvrir des portes. Ouvrir des chemins. Ouvrir des cœurs. Ouvrir un avenir.
Et c’est bon d’entendre cela, aujourd’hui, à quelques semaines de la venue du pape Léon XIV en France.

Du 25 au 28 septembre, il viendra à Paris, à Lourdes et à Metz. Il rencontrera des jeunes, des catéchumènes et des nouveaux baptisés, des personnes fragiles, des malades, des religieux et des responsables de l’Église. Et il terminera son voyage à Metz autour d’un thème qui nous concerne tous : « Aux racines de l’Europe pour la paix et l’unité ». Mais la devise qui donnera son unité à tout ce voyage est encore plus simple : « Pour que le monde ait la vie. »

Voilà qui rejoint profondément l’Évangile de ce dimanche. Car Jésus ne fonde pas son Église pour qu’elle se protège elle-même. Il la fonde pour que la vie circule. Pour que des hommes et des femmes découvrent qu’ils sont aimés. Pour que ceux qui ont perdu confiance puissent recommencer à espérer. Pour que ceux qui se sentent loin puissent entendre une parole qui leur dise : tu as ta place.

Nous avons parfois l’impression que notre Église est devenue petite. Que nos églises se vident. Que la foi est devenue fragile. Que beaucoup ne comprennent plus notre langage.
Mais l’Évangile nous invite à regarder ailleurs.
Pierre ne reçoit pas les clés parce que tout va bien. Il les reçoit dans un monde qui ne reconnaît pas encore pleinement Jésus, comme aujourd’hui !
Et l’Église n’a jamais eu pour mission de vivre dans un monde idéal et parfait.
Elle est envoyée dans le monde réel. Celui de nos familles. Celui de nos villages. Celui de nos solitudes. Celui de nos inquiétudes. Celui de ceux qui cherchent sans savoir comment nommer leur recherche.

Alors la question de Jésus devient aussi la nôtre : Qui est Jésus pour nous aujourd’hui, pour moi personnellement ?
Est-il seulement celui dont nous avons reçu le nom au baptême ? Celui dont nous connaissons les paroles ? Celui dont nous célébrons les fêtes ?
Ou bien est-il réellement celui qui donne à notre vie son souffle ?

Car si nous découvrons vraiment le Christ, alors quelque chose doit s’ouvrir en nous. Une porte. Une liberté. Une capacité nouvelle d’accueillir. Être Église aujourd’hui, c’est cela :
ne pas être d’abord une institution qui demande aux gens de venir à elle, mais une communauté qui apprend à sortir, à écouter, à rencontrer, à rejoindre.

Le pape rencontrera des catéchumènes et des nouveaux baptisés, il ira à Lourdes auprès des malades, puis à Metz pour parler de paix et d’unité. Tout cela dessine une même direction : aller vers la vie là où elle est.

Et c’est aussi notre mission. Nous n’avons pas à sauver le monde ; il est déjà sauvé mais nous avons à lui ouvrir une porte, celle du salut. Une porte par laquelle quelqu’un pourra retrouver confiance. Une porte par laquelle un jeune pourra oser croire. Une porte par laquelle une personne seule pourra découvrir qu’elle n’est pas oubliée. Une porte par laquelle celui qui doute pourra entrer sans avoir à cacher ses questions.

Pierre reçoit les clés. Nous aussi, à notre mesure, nous les recevons.
Alors, en regardant venir ce voyage du pape en France, ne demandons-nous pas seulement :
« Qu’est-ce que le pape va nous dire ? »
Demandons-nous plutôt : « Qu’est-ce que l’Esprit veut ouvrir parmi nous ? »

Car le Christ n’a pas promis à son Église qu’elle serait toujours forte. Il lui a promis quelque chose de plus grand : les puissances de la mort ne l’emporteront pas sur elle.
Parce que la vie est plus forte. La grâce est plus forte. L’amour est plus fort.
Dieu n’a pas fini d’ouvrir des portes. Pas seulement à Paris, à Lourdes et à Metz. Mais ici. Parmi nous. Dans nos vies. Dans les endroits où nous ne voyons plus très bien comment l’avenir pourrait s’ouvrir.

« Pour que le monde ait la vie. » Cette parole pourrait devenir notre prière. Notre désir. Notre manière d’être Église.
Alors, Seigneur, fais de ton Église et de chacun de nous dans cette Église une porte ouverte sur ta lumière, sur ta miséricorde, sur ta paix, sur la vie. Amen.

Abbé Thierry



Pour tous les renseignements concernant l’organisation du Service diocésain des Pèlerinages pour aller rencontrer le Pape Léon XIV