Homélie – 15 août 2026
Frères et sœurs,
regardez un instant autour de vous… (NB nous sommes à Liez, messe en plein air).
Nous sommes dehors. Nous avons le ciel au-dessus de nos têtes, la lumière… pas trop de chaleur encore… Regardez !
Prenons 5 secondes pour cela. (silence)
Je me disais en préparant cette messe : Marie devait souvent regarder le ciel.
Pas seulement pour admirer les étoiles ou s’occuper de la météo !
Elle regardait le ciel parce qu’elle savait que sa vie était entre les mains de Dieu.
Et pourtant, sa vie n’a pas été un long fleuve tranquille.
Marie a connu les surprises, les inquiétudes, les incompréhensions. Elle a connu la pauvreté, l’exil. Et surtout, elle a connu la souffrance immense d’une mère devant son fils crucifié.
Et malgré tout cela, avec tout cela, elle a continué à croire.
C’est peut-être cela que nous célébrons aujourd’hui avec l’Assomption : Marie nous apprend à faire confiance à Dieu, même lorsque nous ne comprenons pas tout.
Dans l’Évangile, nous retrouvons Marie juste après l’Annonciation.
Elle vient d’apprendre qu’elle va devenir la mère de Jésus. Et que fait-elle ?
Elle ne reste pas chez elle à réfléchir à ce qui lui arrive.
Elle se lève et elle part. Elle va voir Élisabeth.
Marie aurait pu dire : « J’ai déjà assez de choses à gérer avec ce qui m’arrive ! » Mais non.
Elle pense à quelqu’un d’autre. Elle se met en route.
Et c’est finalement une bonne définition de la foi que nous avons là : la foi, c’est se mettre en route.
Nous aussi, nous avons parfois envie de rester sur place.
Nous avons nos habitudes, nos soucis, nos blessures, nos questions.
Mais Dieu nous dit : « Lève-toi. Va vers quelqu’un. »
Peut-être qu’aujourd’hui, quelqu’un autour de nous a besoin d’un coup de fil.
Peut-être qu’une personne de notre famille attend depuis longtemps un geste de notre part.
Peut-être qu’un voisin est seul.
Peut-être qu’une personne que nous croisons régulièrement aurait simplement besoin que nous lui demandions : « Comment vas-tu vraiment ? »
Marie nous rappelle que rencontrer Dieu nous conduit toujours, d’une manière ou d’une autre, à la rencontre des autres.
Et puis Marie chante son Magnificat : « Mon âme exalte le Seigneur. »
Marie ne dit pas : « Regardez comme je suis formidable ! »
Elle dit : « Regardez ce que Dieu a fait ! »
Elle reconnaît les merveilles de Dieu.
Et peut-être qu’en cette journée d’été, nous pouvons faire la même chose.
Nous sommes parfois très doués pour compter les problèmes.
Mais sommes-nous encore capables de compter les cadeaux ?
Une belle rencontre. Un enfant qui grandit. Une amitié fidèle. Une famille. Un pardon. Une personne qui nous a tendu la main au bon moment. Une journée où nous avons simplement été heureux.
Tout cela, ce sont aussi des merveilles de Dieu.
Alors aujourd’hui, pourquoi ne pas prendre quelques secondes en silence et penser à une seule merveille que Dieu a faite dans notre vie ? Une seule.
Et intérieurement, dire simplement : « Seigneur, merci. » (silence)
Et puis il y a la grande annonce de cette fête : Marie est auprès de Dieu.
Son Assomption nous rappelle que notre vie ne s’arrête pas à la mort.
Saint Paul nous dit : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité. »
Voilà notre espérance.
Nous ne savons pas exactement comment sera le ciel. Mais nous savons qu’il sera la rencontre avec Dieu.
Et aujourd’hui, Marie est comme une porte ouverte sur notre avenir.
Elle nous dit : « Ne désespère pas. »
Ne crois pas que tes blessures auront le dernier mot.
Ne crois pas que la mort aura le dernier mot.
Ne crois pas que le mal aura le dernier mot.
Dieu prépare pour toi une vie plus grande. »
Alors, frères et sœurs, en regardant le ciel au-dessus de nous aujourd’hui, gardons cette espérance. Et lorsque nous repartirons tout à l’heure, que quelque chose de Marie reparte avec nous :
son oui, son courage, son attention aux autres, sa capacité à rendre grâce, et surtout sa confiance en Dieu.
Sans doute que nous ne changerons pas le monde aujourd’hui.
Mais nous pouvons changer quelque chose autour de nous.
C’est ainsi que le ciel commence déjà à prendre un peu de place sur la terre.
Alors, avec Marie, nous pouvons reprendre sa prière : « Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur. »
Et que cette fête de l’Assomption fasse grandir en chacun de nous une certitude : Dieu nous accompagne aujourd’hui, Dieu nous attend au terme du chemin,
et entre les deux, il nous demande simplement d’aimer, comme Marie. Amen !
Abbé Thierry